Navigation Hyères - Monaco sur Bord à bord.

 

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Initialement je devais rejoindre Bord à bord à Cannes le 1er Août, et pris mon billet de train pour cette destination, sans réserver mon billet retour, sachant qu'en navigation il est hasardeux de prévoir exactement sa position à une date précise (aléas de la météo etc.). Pour preuve, cause avarie, têtière de grand-voile, le bateau avait été contraint de se dérouter sur Hyères pour répareration. Donc changement de destination pour mon billet TGV. (toujours pas de résa pour le retour, bien sûr !)

Jeudi 1er Août : Le voyage se passe bien, Déborah m'a déposé à la gare Massy TGV. J'ai eu un changement à Aix en Provence. Bénéficiant de la carte "senior+" (je ne sais pas ce que signifie le "+" , le "+++", grabataire, sans doute !), je me sens un peu solidaire  du troisième âge et aide certains à trouver leur place ou à descendre du train. Un pauvre bougre avait été placé dans un mauvais train ! Il s'est affolé quand je l'ai invité à descendre, lui précisant que le train était arrivé à son terminus en gare de  Hyères, alors qu'il devait se rendre à Cannes ! Je l'ai confié à un agent de la SNCF. J 'ai  dû attendre le taxi une demi heure ! Il m'a déposé au port St Pierre, bassin N°3.

photo2bEmbarquement  à 17 h, le bateau  étant au mouillage, l'annexe me récupère au port. Jacques et Laure, les propriétaires du catamaran m'accueillent à bord et m'indiquent  pour déposer mes affaires, ma cabine que je partagerai avec Gabin, leur fils âgé de 18 ans. Clémence, leur fille âgée de 16 ans ainsi qu'une de ses copines, complètent l'équipage. Route sur Porquerolles en espérant un mouillage au nord de l'ile. La plage d'Argent commence à se vider des plaisanciers venus passer la journée. Nous y trouvons un mouillage, pas trop loin de l'entrée du port et pas trop près non plus ! (accès rapide avec l'annexe tout en évitant les remous des navettes). Ah, rectificatif ! L'équipage comptait aussi Biorka, un épagneul breton. Jacques déposa les jeunes à terre et en profita pour promener le chien ou peut-être  le contraire ! De retour à bord avec l'épagneul, les jeunes étant restés pour profiter de l'animation au port, Jacques me fait part d'un soucis avec son feu de mouillage en haut de mât. Consultant la notice du bateau, celle-ci nous dirige vers un boîtier de connexion au pied de mât. Après une petite investigation, on localise la panne au niveau du feu lui-même . Ampoule HS ou mauvais contact ? Pour le savoir il faudra monter en haut du mât !

A 23h 30, Jacques récupère les fêtards, navigation difficile, car nuit sans lune et l'intérieur du port non balisé et peu éclairé. Pour le retour, s'étant au préalable équipé de talkies-walkies, et à l'aide de signaux lumineux que j'émettais il rejoignit le bateau.

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 Vendredi 2 Août : En route pour Fréjus. Peu de vent, 7 heures de navigation prévues à 6-7 noeuds, donc au moteur. La grand-voile est hissée on ne sait jamais si le vent se levait.  Les voiliers que nous croisions ou qui faisaient la même route avaient choisi la même option (contraintes horaires obligent).  Jacques avait annoncé son arrivée à la capitainerie de Fréjus. La place qui nous était initialement destinée se trouvait  côté Ouest du port ce qui nous obligeait à prendre la navette ou l'annexe pour se rendre côté Est, là ou se trouvent les commerces, car le but était un jour sur deux de faire une escale dans un port pour  l'électricité (eau chaude), l'eau et le ravitaillement. De plus il fallait résoudre le problème du feu de mouillage, donc trouver un shiplander. A notre arrivée on nous attribue  en définitif une place face à la capitainerie, place idéale ! Les branchement en eau et en électricité réalisés, Laure se charge des courses, Jacques et moi, nous nous rendons chez le ship d'à côté pour vérifier qu'il aura bien la pièce une fois que nous aurons identifié la panne. Nous monterons  au mât demain matin (Clémence, poids plume est volontaire). Nous rejoignons Laure au supermarché. En soirée le port est bien animé.  Après le repas à bord, une petite glace à l'italienne au port nous conviendra parfaitement.

Samedi 3 Août : On donne les consignes à Clémence selon les informations recueillies chez le ship pour le démontage du feu de mouillage et la voilà hissée à l'aide de la drisse de la balancine de bôme et d'une chaise prévue à cet effet. Auparavant de la terrasse de la capitainerie et à l'aide d'un d'appareil photo numérique on a pu identifier le type de feux qui équipaient le mât. La verrine est démontée ainsi que les ampoules et l'ensemble est redescendu.  L'ampoule était bonne et s'allumait quand on appuyait dessus. En effet une des deux bornes s'était dégradée à la suite d'un mauvais contact avec la douille sans doute. Je recharge avec de l'étain la borne et réessayons ; pas de changement ! Malgré ses efforts et son agilité, Clémence n'arrivait pas assez haut pour voir l'intérieur de la douille, il lui manquait 20 cm ! Clémence remonte l'ensemble du feu et redescend pour la troisième fois du mât, il est temps de partir, bientôt 14 h, on aurait dû quitter les lieux avant midi ! La capitainerie au courant de nos soucis s'est montrée indulgente !

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 Route vers les îles de Lérins, après avoir débordé au moteur la côte de Saint Raphaël, nous mettons le cap sur les îles, un peu de vent nous permet de naviguer près de deux heures à la voile, puis à nouveau on appuie au moteur. Là on commence à rencontrer de gros yachts à moteur qui nous chahutent un peu par leur sillage. Un monocoque monte et descend avec la vague comme le fait le bouchon d'une canne à pèche, en revanche avec le cata, quand une coque monte l'autre descend !  Salauds de Milliardaires !

On affale les voiles à proximité des îles. La passe entre les deux îles qui sert de mouillage est bondée de bateaux. Il n'est que 19 h et il ne faut qu'un quart d'heure aux bateaux à moteur venus passer la journée pour rejoindre Cannes.

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 On trouve un mouillage au nord du chenal, côté Sainte Marguerite. Tout de suite la baignade s'impose. En revanche on traversera le chenal en annexe pour promener le chien sur l'île St-Honorat , domaine géré par les moines vignerons, vous facturant entre 25 et 200 € leur bouteille de pinard ! (le sang du Christ n'a pas de prix!)

On retrouve au mouillage des compagnons d'escadre avec qui Jacques faisait route jusqu'à son avarie à Hyères et qui avaient poursuivi leur route. Ils nous rejoignent à bord pour un apéritif. Le traditionnel "Planteur" apprécié en fin de journée quand le soleil s'est couché, et que vous, n' allez pas tarder à y aller !

 

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 Peu de vent, mais tournant, les bateaux évitent autour de leur ancre que l'on vérifie ainsi que la zone d'évitage avant d'aller dormir, la météo annonçant un risque de petites rafales pendant la nuit.

Dimanche 4 Août : Gabin se prépare pour la pèche sous-marine. On embarque sur l'annexe Laure, Jacques, Gabin et son attirail complet, le chien et moi. On dépose Gabin à l'extrémité Est de l'île St-Honorat près des récifs appréciés des poissons donc des plongeurs. Là, il nous demande de le récupérer dans trois heures, chose apparemment normale car j'étais le seul à être surpris. Je m'attendais plutôt à 30 minutes ! Gabin disparut aussitôt sous l'eau, sa bouée de signalisation retenue à sa ceinture par un bout de 7 m, nous indiquant sa position. Nous rejoignons l'île par le tout petit port. Promenade à pied autour de l'île, visite de la boutique des moines cisterciens (vous m'en mettrez une caisse !). Trois heures plus tard on récupère Gabin, non sans mal, on ne trouvait pas sa bouée, serait-il sorti de l'eau ? Derrière les récifs, côté large, on aperçoit une bouée orange. Il a fallu contourner la barrière de récifs pour la rejoindre. C'était bien lui ! Ravi du spot et de sa pèche ! l'après-midi, Gabin veut retourner pêcher ! On essaye de l'en dissuader, mais rien n'y fait. Laure se propose alors de l'accompagner ainsi que les deux filles, mais cette fois limité à deux heures maximum. L'annexe restera sur zone. En effet deux plus tard, l'annexe rejoint le bateau, quelques poissons en plus !

En soirée les voisins nous retournèrent l'invitation pour l'apéritif à leur bord. Vue la distance qui séparait les deux catas, on utilisera les rames au lieu du moteur pour les rejoindre. Malgré un planteur bien corsé, les coups de rames du retour restèrent bien francs.

Lundi 5 Août : Les voisins avaient pris la mer de bonne heure et faisaient route à l'Ouest, pour assurer leur retour, la météo n'étant pas très sûre, ils ne voulaient pas se faire piéger à l'abri dans un port plusieurs jours. Notre arrivée à Monaco n'étant prévue qu'en fin de journée, nous n'étions pas trop pressés, il n'y avait que 4 heures de mer.

Donc en début d'après midi, on lève l'ancre en prenant soin de débarrasser celle-ci des algues qui s'y étaient amassées pour éviter la contamination du prochain mouillage par certaines indésirables. Peu de vent, donc au moteur. Le port de Monaco qui nous accueille est celui de Fontvieille à l'Ouest de la ville qui jouxte celui du Cap d'Ail. L'entrée du port est étroite et on arrondit bien notre trajectoire pour être dans l'alignement. Quelques surprises nous attendent. Déjà on aperçoit des grosses unités amarrées. Y aurait-il une autre entrée ? Hé bien non, elles sont passées par là. Les "petites" unités visiteurs, moins de 15 m sont amarrées à l'entrée près de la capitainerie au pied du "Rocher". Magnifique !

Sur les photos ci-contre on aperçoit la poupe de "Bord à bord" et le rocher en arrière plan et la même prise la nuit, le rocher éclairé

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Deuxième surprise : nous disposons d'un câble pour alimenter le bateau en électricité équipé d'une prise 32 A et d'un adaptateur 16 A. Je me souviens à la Rochelle, des disjoncteurs des pontons limités à 5 A ! Hé bien ici, les prises sont des 63 A, J'ai appris ensuite qu'au Cap d'Ail les prises sont des 125 A triphasées, voire un branchement direct EDF pour les très très gros !!!

Bonne surprise ! Un centre commercial au port. Au bout de la galerie du centre, un tunnel, roche apparente, voûte éclairée (très beau) vous emmène vers des ascenseurs pour rejoindre la ville haute, la gare et accéder à l'autre versant du "Rocher". De là vous redescendez au port Hercule  où des monstres sont amarrés. Jacques et Laure essaient de négocier une nuit supplémentaire avec la capitainerie afin de pouvoir visiter la ville le lendemain

 

 

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.Mardi 6 Août : Mon TGV est à 11h 05. Je débarque à 10h 15, la gare n'étant pas très loin, c'est tout du moins ce que je pensais ! Le quai, oui ! Un accès via une entrée "d'immeuble" et une longue galerie avec tapis roulant  vous amenait à une extrémité du quai, mais l'entrée principale  de la gare et la billeterie se trouvait à l'autre extrémité. Une fois mon billet retiré, retour vers la moitié du quai ! Le TGV desservira les principales gare jusqu'à Toulon, puis changement à Aix, Je récupère ensuite Le TGV Marseille-Nantes, arrêts à Avignon , Lyon, je descends à la prochaine : Massy ! J'ai retrouvé ma fille, mon chien et mon ciré !